Marc - Seberg - Le chant des terres

Le chant des terres

C'est vrai,
l'hiver dure trop longtemps.
C'est vrai
sans toi
la neige, le gel
les coups de vent
en plein cœur d'Avril
s'éternisent.
Les mois s'étirent
se ralentissent
jusqu'au plus profond de l'ennui
l'ennui :
c'est que tous les chats sont gris !

Sans toi, toutes les couleurs se fanent
en une fine pellicule de poussière un peu sale.
Comment retrouver le temps d'une danse
tous les clichés d'une romance ?
Et comment oser faire rimer l'amour
l'amour
avec dernier recours ?
... Et si ce n'est pas pour demain
eh bien j'attendrai !

... Et si ce n'est pas pour demain
qu'importe, j'attendrai
le jour d'après
un millier d'années
un éclat de verre.
Millier de larmes
une éclaircie.

Pourtant il suffit d'un regard,
brillante, brillante étoile d'un soir.
Comme un marin mis sur le sable
une sirène m 'a laissé en rade.
Il est temps de hisser la voile
le cap
sur une île de hasard.
... Et si ce n'est pas pour demain
alors j'attendrai !

... Et si ce n'est pas pour demain
qu'importe j'attendrai
le jour d'après !

... Et si ce n'est pas pour demain
alors j'attendrai
le jour d'après !
Un millier de larmes
une pluie de rêves.
Un arc-en-ciel
dans un millier d'années...
Oh mercy. Mercy. I'm so scared...
Juste un sourire.
Un millier d'années...

Plus au sud
une île...
L'éclaircie
dans un millier d'années.

Philippe Pascal

Les regrets des banquises
bleu glacial au zénith
quand l'iceberg solitaire
dérive au gré des mers.

Une voix de cristal
la mélodie des glaces
que le blizzard réveille
et très vite s'ensommeille
dans le silence polaire.

C'est l'heure où doucement s'élève
parmi les ombres
du cœur du monde
le chant des terres.

Le chant des terres
du plus profond
du cœur du monde
le chant des terres.

Les bruits fauves des flammes
les savanes s'embrasent
quand le soleil s'éteint
rouge et ocre au lointain.

Et les rires deviennent larmes
sous les pluies tropicales
venues du fond des temps
mais elles pleurent sous le vent
et pour encore longtemps.

Le tendre essoufflement
d'un vent tiède de printemps
pour un instant s'arrête
une menace dans l'air.
Les crépitements du ciel
des nuées de sauterelles
et l'éden se retrouve
le temps d'une tempête
aux portes de l'enfer.

C'est l'heure où doucement s'élève
parmi les ombres
du cœur du monde
le chant des terres.

Le chant des terres
du plus profond
du cœur du monde
le chant des terres.

Philippe Pascal

I don't know how they heard the scream
but I'm sure now that it was not the wind.
I saw their faces turning white.
I saw their faces turning grey,
and then their souls faded away...
What am I gonna do ?
There is no time to loose,
I can't wait in vain
these shapes from your hands
from your hand, from your hands.

I can't listen to the call of the banshees by my side
I can't listen to the call that my friends are trying to hide

I saw their faces turning white
their eyes whose look'll never meet mine.

I saw their faces turning grey
and then their souls faded away.

I saw their faces turning white
The scream, the wind, the grace of life.

I saw their faces turning grey
don't take away from me.

Because every step I take
I take it for you.
And every move I make
I make it for you.

So don't fail me ! Don't fail me...

Philippe Pascal

Sous les écailles grises
d'une coquille d'huître
dort une perle de nacre.

Et la mer se retire
affleurent les récifs
d'une barrière de corail.

Si j'avais su te dire

A quoi bon l'immortelle
cette fleur tout à fait morte,
dont les pétales fanés
se dessèchent sous un globe.

Je préfère l'éphémère
dont le vol argenté
me rappelle à jamais
un éternel été.

Si j'avais su te dire

Les mots se dissimulent.
Les lettres se minusculent
dans l'espoir d'une virgule.
En suspension
sous perfusion.
Trois petits points
de suspension.

Mais voici déjà l'heure
où les ombres s'allongent
où le mystère émerge
du pays des mensonges.

Quand la lame de fond
des souvenirs remonte
où trouver l'élégance
de garder le silence ?

Si j'avais su te dire

Les mots se dissimulent.
Les lettres se minusculent
dans l'espoir d'une virgule.
En suspension
sous perfusion.
Trois petits points
de suspension.

Et quelqu'un reprendra
cette chanson pour toi
avec des mots plus forts
avec des mots plus justes.

Chanter à ta mesure
ce que je n'ai jamais su.
Mais je n'ai jamais su
chanter à ta mesure.

Philippe Pascal

 Endormi
au départ de Paris.
Un vol de nuit
sans escale.
Je me suis réveillé
au cœur d'un pays
d'Afrique équatoriale.
Et un pied dans la guerre
j'ai simulé la danse.
Les guerriers entrent en transe
couverts d'argile
d'huile et de cendre.

A l'horizon
s'entrechoquent les hommes.
Aux lueurs de l'aurore,
s'entrelacent les corps
en métissant les couleurs
de leur corps en sueur
aux lueurs de l'aurore.

En Orient
face au soleil levant,
les rochers grandissent
lentement
de lacs de sable blanc
où je puiserai la force
de remonter le Gange.
Le long du Yang Tsé Kiang
dans un duel étrange
j'affronterai un vieux maître
dans l'art très chinois
du casse-tête.
Et repartir plus loin dans le soir.
Et repartir sans même un au revoir
dans le soir.

Les musiques s'avant-gardent
aux rythmes des prières brahmanes.
A Taiwan mon walkman
me chante des tantras
dans le soir.

Et repartir plus loin.
L'espoir de te revoir
enfin.
A l'horizon
s'entrechoquent les hommes.
Aux lueurs de l'aurore,
s'entrelacent les corps
en métissant les couleurs
de leur peau en sueur
aux lueurs de l'aurore
s'entrelacent les corps,
les couleurs.

Philippe Pascal

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

Comme dans un film noir :
un homme dans une gare.
La caméra s'éloigne le long des voies ferrées.
Retour vers l'homme, un train l'emmène,
un fondu enchaîné sur un visage ridé :
une vieille dame se maquille,
dissimule ses rides.
Si le film est muet
tout se lit dans les gestes
de son double, plus jeune, tiraillé d'Est en Ouest.
Elle semble vouloir se décrocher
mais disparaît dans la poussière.
Un plancher de musée s'écroule sous le poids
des trésors d'autrefois.

Pieds et poings liés
les cités se succèdent
pieds et poings liés
le film s'accélère
jusqu'au point de rencontre
de la ligne de sa main
et la ligne de mire trop précise
d'un prochain lendemain...
Où commence la mort lente.

Amsterdam et Bruxelles
seul, le souvenir de Brel,
et Berlin,
rien de plus qu'un nouveau zoo humain.
Redescendu vers Prague
et sa sœur Budapest,
et les suicides en masse,
et l'odeur de la peste.
Vienne(nt) mes espoirs déçus
au goût amer.
Rome !

J'ai pris le premier train
ai-je eu tort ou raison ?
Et les fêtes latines qui n'en finissaient plus
le premier train, qu'importe la destination !
A travers les pays de pluie
les longs tunnels de l'exil
les quatorze stations d'un périple sans exit.

Pieds et poings liés
les cités se succèdent
pieds et poings liés
le film s'accélère
jusqu'au point de rencontre
de la ligne de sa main
et la ligne de mire trop précise
d'un prochain lendemain...
Où s'endorment les rêves.

Philippe Pascal

L'iris clair,
les yeux immensément ouverts
deux papillons sous verre.
Au plafond la lumière des néons vacillait
la lumière vacillait.

Deux ailes de verre,
mais les ailes volontairement liées
par la trame serrée
d'une aquarelle en demi tons pastels,
les demi teintes tièdes qui l'enrobaient
dans la claire obscurité.

Elle s'enfermait des siècles
dans des pièces obscures,
pour s'éblouir d'un rayon de soleil le plus pur.
Elle disait que les anges
avaient bien trop de chance.
Elle disait que les anges
dérivent au gré du vent.

Mais je jure devant Dieu
j'ai essayé de mon tout petit mieux
j'ai peint sa chambre en bleu.
Mais trop légère dans l'entrelacs cruel,
les demi teintes tièdes qui l'enrobaient
dans la claire obscurité.

Elle s'enfermait des siècles
dans des pièces obscures,
pour s'éblouir d'un rayon de soleil le plus pur.
Elle disait que les anges
avaient bien trop de chance.
Elle disait que les anges...
Mais je l'aimais tellement.

Alors elle prit
un morceau de ciel,
près du lit
un arc-en-ciel,
pour sourire
tout à fait,
pour s'ouvrir
tout entièrement
m'enfoncer en elle
et s'enfuir
à tire d'ailes
sortir d'elle.

Plus légère que l'air
sur une terre étrangère
et je suis resté là
sans rien dire
sans rien faire.
Sans rien faire.

Philippe Pascal

Bonus sur la réédition CD

 

C'est vrai,
l'hiver dure trop longtemps.
C'est vrai
sans toi
la neige, le gel
les coups de vent
en plein cœur d'Avril
s'éternisent.
Les mois s'étirent
se ralentissent
jusqu'au plus profond de l'ennui
l'ennui :
c'est que tous les chats sont gris !

Sans toi, toutes les couleurs se fanent
en une fine pellicule de poussière un peu sale.
Comment retrouver le temps d'une danse
tous les clichés d'une romance ?
Et comment oser faire rimer l'amour
l'amour
avec dernier recours ?
... Et si ce n'est pas pour demain
eh bien j'attendrai !

... Et si ce n'est pas pour demain
qu'importe, j'attendrai
le jour d'après
un millier d'années
un éclat de verre.
Millier de larmes
une éclaircie.

Pourtant il suffit d'un regard,
brillante, brillante étoile d'un soir.
Comme un marin mis sur le sable
une sirène m 'a laissé en rade.
Il est temps de hisser la voile
le cap
sur une île de hasard.
... Et si ce n'est pas pour demain
alors j'attendrai !

... Et si ce n'est pas pour demain
qu'importe j'attendrai
le jour d'après !

... Et si ce n'est pas pour demain
alors j'attendrai
le jour d'après !
Un millier de larmes
une pluie de rêves.
Un arc-en-ciel
dans un millier d'années...
Oh mercy. Mercy. I'm so scared...
Juste un sourire.
Un millier d'années...

Plus au sud
une île...
L'éclaircie
dans un millier d'années.

Philippe Pascal

Bonus sur la réédition CD

 

Comme un poème d'une fin de siècle
A l'élégance un peu surfaite
Un bruissement se faufile et dans mon lit
Le tendre et pâle soleil de minuit
Sa caresse froide comme une larme
Efface l'ordinaire vague à l'âme
Et comme la morsure d'un serpent
Dans la peau de l'amant frissonnant, frissonnant
Mais à l'aurore sans prévenir
Le bruissement discret s'est enfui
Avec lui le soleil noir de minuit
S'est évanoui au fond de mon lit
Comme la morsure du serpent
Dans la peau de l'amant frissonnant
Reviendras-tu ramper jusqu'à mon coeur ?
Et régner sur ma vie par la peur
De ne plus te revoir encore une fois
Une dernière fois...

Philippe Pascal