Critique de l'album Les enfants du Velvet
Les enfants du Velvet

Virgin

Je ne demande qu'à croire tout le bien qu'on me dit de Marc Seberg sur scène. Seulement les disques me font un effet dissuasif. Entendons-nous bien : moi aussi j'aime Joy Division, moi aussi je considère que « Love Will Tear Us Apart » représente quelque chose d'indépassable. Et je suis loin de trouver inexpressive et artificielle la voix de Philippe Pascal. Mais je vais me permettre d'utiliser de gros caractères pour énoncer le mieux possible cet axiome qui me semble fondamental : il est impossible d'atteindre au lyrisme par la force de la volonté. Tout se passe comme s'il y avait un sticker sur ce 45 tours qui annonçait : « Attention : disque à haut contenu lyrique ». Il faudrait comprendre enfin que si Joy Division était et reste un groupe bouleversant, c'est parce que sa musique était le fait de gens simples, dépassés par les événements, incapables d'aligner trois idées sur ce qu'ils essayaient de faire. Il me semble que Marc Seberg répondrait plutôt aux définitions inverses. La pochette de Neville Brody est superbe.
MICHKA ASSAYAS.

Copyright : Rock'n'Folk, 1983