Best, n°178 : mai 1983
Critique de l'album 83
83

" Tu sais, Marc, nul endroit où se fuir dans la nuit " (PhilippePascal)
En 81, le chanteur de Marquis de Sade avait déjà son alter ego : Marc, une projection en négatif de lui-même. MdS touchait à sa fin, pourtant Philippe semblait avoir trouvé un semblant d'équilibre. Bien sûr, il n'avait pas repeint sa vie de rose à l'aérographe, mais les images sombres s'atténuaient pour glisser doucement vers le pastel. Marc Seberg, à l'époque, n'était qu'un parallèle à MdS. Lorsque le Marquis brise son miroir, l'image qu'il renvoie à Philippe Pascal s'appelle désormais Marc Seberg, une étrange entité, un mélange de Jean et d'irréel.
MdS/MS, PP reste fidèle aux mêmes initiales, à ces climats en clair-obscur où la lueur au bout du tunnel de la déprime reste une solution finale. Deux années de silence n'ont pas entamé le blues pascalien. Incorrigible PP ! La dernière fois que je l'ai aperçu, il m'a dit: "Tout a changé dans ma vie, rien n'est aussi noir qu'avant " et il nous balance ce " Marc 83 Seberg " aux effluves de pétrole brut. 83 : la crise, les murailles du protectionnisme et le cancer économique. 83 et son hiver boréal qui dure dure dure. Sortez les mouchoirs, une larme perle et descend doucement le long de la joue : c'est vrai, Marc Seberg ne pousse pas à l'optimisme, mais parfois son flip
sait être si subtil et harmonieux. " Marc 83 Seberg" me rappelle étrangement le Mur édifié par Lou Reed pour " Berlin ".
Marc Seberg cultive la beauté : elle peut me subjuguer en glaçant mes veines. Mais l'été approche et qui va chasser les ténèbres ?

Gérard BAR-DAVID


Copyright : Best, 1983