Marc Seberg - Je t'accorde (45t)

Je t accorde

Un ciel de lit sans étoile,
L'abri d'une muselière,
L'arôme d'une fleur mâle
Qu'emprisonne une lanière.
Tout cela & plus encore,
Tout un monde je t'accorde
Si à mon diable, mon ange,
Tu offres ton corps en échange.
O Dieu sans remords!
Le fruit de ma colère
Se plante dans la corolle,
Carnivore : ma chair!
J'ai crié Seigneur
Que mon règne arrive
L'extase est trop vive...

Un collier de larmes fines,
Les perles d'une jeunesse passent.
Ma charité l'assassine
O ma chérie triste et lasse
Pour l'amour est mal armée
L'amour aime les à-côtés.
A l'heure où nos cœurs se brisent
Sur ton hôtel sacrifié
Aux Dieux sans remords!
Le fruit de ma colère
Se plante dans la corolle,
Carnivore, ma chair!
J'ai crié Seigneur
Que mon règne arrive
L'extase est trop vive...

Danse au fil de l'âme,
Racle la lanière.
Rampe le long de l'arme,
Danse à ma lumière!
& dans la vérité des masques
Quand les rythmes se gravent au creux du cuir
Je t'abandonnerai mon ARME
Au ventre de l'idole, reluis.
Sur la détente, ensuite : appuie!
Odieux, sans remords, le fruit de ma colère
Se plante dans la corolle,
Carnivore ma chair!
Alors je crie Seigneur
La peine est trop belle.
L'extase est trop vive...OH OH OH OH OH

Quand le corps se déhanche,
Quand le corps se déhanche
La MANDRAGORE
Elle m'affole Oh m'affole,
L'ange danse & déhanche son corps sous l'effort.
L'ange danse & la Mandragore implore.
L'ange danse & déhanche son corps sous l'effort.
L'ange danse & la Mandragore implore :
SEIGNEUR, merci!
Serviteur servi!

Philippe Pascal

Son parfum me poursuit & relance
Un désir fébrile, par son absence.
Le jour retient son souffle, une seconde se plombe
& à plaisir retarde le temps qui me sépare
De l'heure où mon cœur redémarre : ce soir,
Nous valserons des heures, nous valserons les heures
Personne n'aura la force de nous arracher l'un à l'autre.
Nous valserons les heures, nos verres seront le fleuve
A la source de nos soifs, nous irons voir si la gloire s'apprivoise.

En attendant, le manque m'a gagné
& j'entends l'océan de mes éléments enchaînés.
Des poignées entières de bruit rutilant
Se déversent dans mes jours trop lents.
Les chevaux de frise, les mètres étalons
Hérissent ma ligne d'horizon. Mais ce soir
Nous valserons les flammes, nous valserons les vagues
& rien, Non ni personne ne nous arrachera l'un à l'autre.
Nous valserons le sort, les bars seront le port
A la source de nos soifs, allons voir si la gloire
Veut bien de nous ce soir...

Alors tout se retire, elle ne va pas venir
Je vais être seul ma belle, tant pis la belle affaire.
Personne n'aura la force de m'arracher le cœur.
Je valserai les heures, mon verre sera le fleuve
A la source de ma soif j'irai boire à "ma gloire!"
Je valserai la vague au bras des autres femmes
& rien non ni personne ne m'arrachera une larme.
Je valserai le sort, les bars seront le port
A la source de la gloire, j'irai boire jusqu'à plus soif.
Je brûlerai la nuit, je brûlerai l'ennui
& rien non ni personne n'aura la force de m'arracher le cœur,
De m'arracher des pleurs, personne n'aura la force
Non pas la force...

Philippe Pascal