Les Nus
Les Nus

 

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit
oublie ton père, oublie ta mère
oublie ton coeur, oublie tes moeurs.

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit
Tupamaros, cangaceiros
c'est le camp qu'il faut choisir.

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit tout ça un soir où
le ciel zébré d'éclairs nous déclarait « nous allons fonder
le parti unique ».

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit
rejoins tes frères, rejoins tes soeurs
bois le sang de ton ennemi.

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit
écarte le rouge, écarte le blanc
la seule couleur, c'est noir brillant.

Johnny m'a dit, Johnny m'a dit
le ciel zébré d'éclairs nous déclarait « nous allons fonder
le parti unique ».

Et la victoire caresse l'espoir de nous appartenir
Et la victoire caresse l'espoir de nous appartenir.

Johnny m'a dit
Johnny m'a dit
Johnny m'a dit
Johnny m'a dit

Christian Dargelos

Ils sont tous là, recueillis, pâles d'ennui, désertant la vie
Se réunissent pour des séances de possession collective
Je vois des hommes, des femmes, des hommes et encore des hommes
Je vois des femmes, des hommes, des femmes et encore des femmes
Je me demande pourquoi ces gens sont à genoux par terre
On ne m'a jamais appris que Dieu est perfection de la matière.

Crucifixion, crucifixion
les pénitents, pensées perdues, les mains jointes exaltent le néant
Et de sa chaire, l'archiprêtre évoquant les portes de l'enter.

Je vois des dogmes, des races, des hommes et encore des hommes
Je vois des rites, des larmes, des femmes et encore des femmes
Je me demande pourquoi ces gens se signent dévotement
Au milieu de la misère pourquoi tous ces gémissements.

Je vois des races, des classes, des femmes et encore des hommes
Je vois des jeunes, des vieux, des hommes et encore des hommes
Je me demande pourquoi ces gens sont à genoux par terre
On m'a jamais appris que Dieu est perfection de la matière
Je vois des hommes, des hommes, des hommes et encore des hommes
Je vois.


Christian Dargelos

Nonchalamment longeant les quais de la Tamise il évolue
tenant dans sa main une canne qu'il pointe vers un inconnu

C'est un esthète parlait
un cruel qui s'appelait
c'est un dandy un vrai
un cruel qui se nommait

Dorian Gray, Dorian gray

Altérant les purs jeunes gens de la City, il crucifie
caressant les ruelles tortueuses de l'East-End, il s'extasie

Racé comme un félin
un cruel qui s'appelait
dépravant son destin
un dandy qui se nommait

Fuyant les salons des vieilles ladies laides car il s'ennuie
constellant d'amour le coeur des pures jeunes filles et s'évanouit

C'est un joli garcon
rempli de séduction
un dandy qui s'appelait
un cruel qui se nommait

Dorian Gray, Dorian Gray.


Christian Dargelos

J'étais un nègre sur l'avenue
Recherchant des filles inconnues
Je t'ai vue, reconnue.

Je rêvais tout seul de rêves trop doux
Qui au petit rnatin me rendaient fou
Désaxé, je suis un désaxé mais

Tout ce que je veux voir
Tout ce que j'aime
Ce sont tes yeux,

Ton regard semblait se disloquer
Tel un miroir qu'on vient de briser
Déchirer, déchiqueter.

Tu sais bien que nul accord parfait
Dans nos vies ne viendra à jamais, à jamais

Tout ce que je veux voir
Tout ce que j'aime
Ce sont tes yeux,

Je suis nègre et je suis fier
Je veux tuer l'afrikander
Je suis nègre et je suis fier
Régner sur la terre entière.

J'étais à Soweto
Birmingham Alabama
Combattant au SWAPO
J'étais à Brixton.

Alors arrête de m'appeler
Sale nègre, sale nègre, sale nègre

Tu sais ma petite chérie blanche
Je ne supporte pas ta couleur.

Refrain

J'étais un nègre sur l'avenue
Recherchant des filles inconnues
Je t'ai vue, reconnue.

Refrain


Christian Dargelos

Vous semblez déçu de me voir ce soir
Je passais par-là, c'est juste un hasard,

J'attends toujours qu'une âme sensible vienne me
trouver et vienne me dire,

Le visage blanc et les yeux vides, cernés
Je passais simplement par amitié,

Le mime hurlant implorant ses sens
Implorant la vie, il vient vous dire,

Les gens que j'aime sont morts
Et l'on brûle mon décor
Tandis que la ville s'endort
Les gens que j'aime sont morts,

Personne, personne ne vient plus me voir jouer
Ça fait trois jours que je n'ai rien mangé.

Le mime hurlant détestant sa vie, détestant ses sens
Il vient vous dire.

Les gens que j'aime sont morts
Et l'on brûle mon décor
Tandis que la ville s'endort
Les gens que j'aime sont morts,

Vous semblez déçu de me voir ce soir
Je passais par-là, c'est juste un hasard
Bonsoir, bonsoir, bonsoir, bonsoir.


Christian Dargelos

La caravane, la caravane s'en va vers d'autres lieux,
lieux de mystère
Et les Touaregs, et les Touaregs lentement d'un pas
magique frappent la terre
La race est fière, la race est fière d'annoncer son
départ vers l'hémisphère.

Le sacrifice, le sacrifice s'inscrit dans le Coran
de père en fils
L'obéissance, l'obéissance reste pour nous la seule
et ultime croyance
Les assassins, les assassins entendent au loin la voix
tel un seul refrain.

La force de l'Islam réside dans son fanatisme
La force de l'Islam réside dans son magnétisme
La force de l'Islam réside dans sa cruauté
La force de l'Islam, l'Occident livré aux flammes
et à la danse.

Derrière leur masque, derrière leur masque
les femmes voilées cachent d'étranges yeux clairs
Et les enfants, et les enfants
prennent leurs armes, s'inclinent le front à terre
Les intouchables, les intouchables montrent du doigt
le guerrier, prince de l'Islam.

La force de l'Islam réside dans les yeux, les âmes
La force de l'Islam réside dans le choix des armes
La force de l'Islam mariage de sang et de larmes
La force de l'Islam, l'Occident livré aux flammes
et à la danse.

La force de l'Islam
La force de l'Islam, l'Occident livré aux flammes
et à la danse, danse.

La race est fière, la race est fière d'annoncer son départ
vers l'hémisphère.


Christian Dargelos

J'aime la vie, j'aime la mort
Mais ce que j'aime encore plus fort
Oh c'est danser toute la nuit.
Voulez-vous partager mon sort ?

J'aime la vie, j'aime la mort
Mais ce que j'aime encore plus fort
Oh c'est danser toute la nuit
Voulez-vous fournir un effort ?

Et l'aventure se poursuit dans les bars définis où
ils vivent et ils dansent toute la nuit le tango
Joli tango reste avec moi, ne t'en vas pas
Je t'en supplie.

Et l'acteur se maquille
Rudolph Valentino trop beau
Car dans ses bras une actrice
Qui s'anime et scintille c'est trop.

Et l'aventure se poursuit dans les bars définis où
ils vivent et ils dansent le tango tels des serpents qui
se contorsionnent au rythme de la musique affolée
qui scande et qui tangue pour les coeurs, pour les corps
toute la nuit... si tendre.

Oh viens la mort, viens danser
Tous les deux, on va s'enlacer
Oh viens la vie, viens l'ivresse
Tous les deux un peu de tendresse.

Oh j'aime la vie j'aime la mort
Mais ce que j'aime encore plus tort
Oh c'est danser toute la nuit
Voulez-vous partager mon sort?


Christian Dargelos

C'était un petit homme
un homme aux cheveux gris
un homme qu'on oublie
il jouait d'un instrument
un instrument d'argent
et parlait en marchant.

Il fuyait lentement
et parlait en marchant
et j'étais contemplant
dans le froid dans le vent.

J'ai suivi le chemin
qu'il prenait chaque matin
son violon à la main
je voulais tout savoir
il semblait si bizarre
tout habillé de noir.

De grandes chaussures pointues
un drôle de pardessus
il fuyait lentement
et parlait en marchant.

Il cachait au monde sa folie
singularisée par... une étrange vie.

Il m'invita soudain
son violon à la main
danser avec des nains.

Dans un palace en ruine
où vivaient des infirmes
j'ai vécu le sublime.

Il fuyait lentement
et parlait en marchant
je souriais frémissant
découvrant l'enchantement.

Il cachait au monde sa folie
caractérisée par... une étrange vie.

C'était un petit homme
un homme aux cheveux gris
un homme qu'on oublie
il jouait d'un instrument
un instrument d'argent
et parlait en marchant.

Mais fuyait-il vraiment
dans le froid dans le vent
et mon regard fixait
cet homme encore enfant.

Il cachait au monde sa folie
singularisée par une étrange vie
une étrange vie
une étrange vie !!!


Christian Dargelos

C'était un samedi soir
mais nous voulions autre chose
qu'une fade soirée teintée
d'un zeste de féminité.

Nous avalions des pilules
tout en énumérant
des chansons fascicules
qui nous rappelaient le bon temps.

Nous désirions des frayeurs
rouler à cent vingt à l'heure
fixant un temps le silence
trois anges m'apparaissant.

Etrange pressentiment
avons-nous juste le temps
suçant des pourpre-coeurs
roulant à cent vingt à l'heure.

Pas le temps, j'ai pas eu le temps d'avoir peur
j'savais, j'savais ma mort par coeur
Pas le temps, j'ai pas eu le temps d'avoir peur
j'savais par coeur.., par coeur.

Nous avions tous une idole
vivant à l'Est d'Eden
rêvant d'une rnême course folle
courant à perdre haleine.

C'était un signe des temps
trois gosses se demandant
qu'allons-nous faire ce soir
graver nos noms dans l'histoire.

Couplet 1 bis

Refrain


Christian Dargelos

A l'aurore de ses crimes
Regarde en bas l'abîme
Toutes cellules tremblantes
Jean connaît l'épouvante.

Petits garçons magiques
Qu'il aime par déclic
Alchimise, élabore
Fait naître ces gentils corps.

La nuit saigne du noir
Les gosses n'ont plus d'espoir
Nous nous serrons la main
Et peut-être à demain matin.

Genet Jean, l'amour tragique, les jeunes gens
Semblent hystériques
Et les orgues continuent d'achever leurs promesses
Hypnotiques.

Les orgues se sont tues
Révolution continue
Nos sorts sont liés à mort
Le sang coula sur leur corps
Au hasard de la vie
Si vous voyez Johnny
Dites-lui bien ceci
Je veux devenir son ami, son ami.

Oh, Genet Jean, l'amour tragique, les jeunes
gens semblent hystériques
Et les orgues continuent d'achever leurs promesses,
promesses hystériques
Et les orgues se sont tues
Mais qu'importe le lieu
la révolution continue.


Christian Dargelos